Forum Futuribles 2018

De ObSing_wiki
Aller à : navigation, rechercher

2ème forum « futuribles » 22 et 23 novembre 2018 : COMMENT VIVRONS NOUS EN 2050 ?

Suite au premier forum en 2016 au Futuroscope

Compte-rendu de notre ami et associé André S.

Introduction par Hugues de Jouvenel et François Bourse

Résultats de l’enquête : les changements forts (crise des écosystèmes et déplacements des populations), progression des algorithmes, des pathologies, des organismes non étatiques, vies chahutées, nouvelles inégalités, nouvelles maladies infectieuses

Les nouvelles frontières de l’humain.

Cécile Desaunay : l’homme qui a pris 20 cm et 10 Kg est confronté à de nouvelles menaces, en dépassant les frontières biologiques, avec les réparations du cerveau et le transhumanisme.

Alain Froment : le corps humain aura moins besoin de son cerveau et de ses intestins, il aura les doigts palmés, il sera plus blanc, son volume va augmenter (embonpoint). On verra apparaitre le surhomme avec les transplantations, les prothèses (utérus artificiel et placenta extérieur). Le brassage sera généralisé. Les progressions atteindront une asymptote, en plafonnant à 120 ans, au-delà il faudra bricoler les télomères. Les yeux et le cerveau vont s’agrandir

Jean Pierre Henry : les neurosciences vont relier la psychologie. Avec l’IRM fonctionnelle, chaque tache est reliée à une partie du cerveau, ce qui va permettre l’homme réparé par l’étude des signaux électriques et les prothèses sur l’hippocampe, les implants, les exosquelettes, les prothèses de mémoire. L’homme augmenté aura des électrodes implantées, des casques et des stems en liaison avec l’ordinateur (projet Musk), On pourra moduler la douleur en liaison avec l’IRM. L’intelligence artificielle avec la greffe de neurones va déborder notre intelligence.

Thérèse Awada (chirurgienne) : le corps sera réparé, augmenté (3 seins ?), en reconstruction (bras, brulures) mais avec des problèmes d’identité en cas de transplantations (main). Les recherches portent sur les organes artificiels dans le long terme (sauf pancréas). Les prothèses ne fonctionnent pas toujours bien. Les transplantations d’organes supposent une longue rééducation. On va réparer avec les cellules souches, les dents vont repousser, on réalise la synthèse des tissus, la peau notamment. L’homme augmenté sera par l’extérieur, mais aussi par l’intérieur, sous cutané ou profond) avec des problèmes d’identité corporelle.

Les nouvelles frontières des espaces habitables

François de Jouvenel : gros déplacements de population en Asie de sud-est, grandes migrations vers la Chine, mais qu’en faire ? Par ailleurs, recherche de la neutralité du carbone avec enfouissement, lié aux nouvelles technologies en 2050

Robert Vautard : la Coop 21 a posé le problème de l’habitabilité de la terre avec 2° de plus, mais cela dépend des politiques. Déjà, on a enregistré un degré de plus au 19ème siècle. Sans transformations drastiques, ce sera 3 à 4° de plus. Les coraux tropicaux, les régions côtières, l’arctique, les fleuves, la santé (chaleur, maladies) seront touchés, avec le développement des cyclones. Les stations d’hiver devront fermer, sécheresses et pollutions, les inondations, l’agriculture sera transformée

Hélène Le Teno : Quelles nouvelles économies compatibles avec la rareté des ressources naturelles, d’autant plus avec l’augmentation de la population et l’influence de l’homme sur les écosystèmes. Sur les 41 000 espèces, 70% sont en péril : oiseaux, mammifères et plantes. Assassinat ou suicide ? Dans l’économie de demain, quel emploi avec la diminution des ressources, recherche d’un capitalisme humain, d’intérêt général, avec des entreprises à mission, des innovations, juridiques, économiques Il faudra réinventer la compta avec l’amortissement du capital naturel et social et des innovations sociales, pour des entreprises sociales et économiques, avec les risques d’un environnement numérisés. L’éthique du dirigeant sera un compromis entre une attitude juste et être bien aimé.

Les nouvelles frontières de la citoyenneté

Hugues de Jouvenel : il faut les faire tomber !

Dominique Bourg (philosophe) : dans la cuture grecque, ce sont les dieux qui pensent, puis ce sera l’univers mécanique du 17ème siècle avec les lois physiques et l’homme extérieur à la nature, en contradiction avec la bible avec la dominance de l’homme, et trois réserves : Darwin qui replace l’homme dans la nature, l’éthologie et l’homme animal amélioré avec la communication, et la biologie végétale depuis 15 ans. L’homme appartient à la nature mais il détruit le vivant. Les évolutions : les droits de la nature avec la reconnaissance du préjudice écologique, la sylvithérapie au Japon, la sensibilité à la cause animale et une spiritualité nouvelle proche du chamanisme.

Thibault Renaudin : bleu, blanc, zèbre. Le bénévolat progresse très vite, pas pour changer le monde mais pour être utile rapidement, surtout chez les jeunes, à comportement plus collectif, en opposition avec ceux qui sont individualistes, égoïstes, rivés sur les écrans. Faire ensemble pour retrouver l’humain au centre de nos actions. Revaloriser les corps intermédiaires, un besoin très fort de désengagement, par le monde associatif (gilets jaunes), changer les politiques publiques. Comme en Grèce, chute du capital public. On attend trop de l’état.

Quelles solutions pour articuler besoins croissants de mobilité, engorgement des espaces et impératifs environnementaux ?

François Bourse : les déplacements, 50 Km par an en 1789, 5 000 km actuellement, pour le tourisme et le travail. Le travail se fait aussi dans les transports, avec l’ubicité, en même temps dans plusieurs lieux

Virginie Raison-Victor : 8 à 10 milliards d’humains en 2038, surtout des classes moyennes ? Doublement des déplacements, 1,2 millions de déplacements touristiques ; Le trafic augmente de 5% par an, l’effet de serre de 2,5%, le plus mauvais, l’avion par rapport à l’effet de serre et au réchauffement. Le chemin de fer est 3 fois plus efficace que la voiture, leçon bien comprise en Chine. L’Hyperloop (tube à sustentation magnétique) serait plus efficace, mais il coûte 10 fois le TGV. Et les TGV, à part Paris Lyon, sont difficiles à amortir. La mobilité du travail a des conséquences sur la santé, surtout avec le coût du logement centre-ville, lié à la sécurité recherchée par les seniors. Rechercher des solutions alternatives pour les exclus, condamner le véhicule particulier pour aller au travail, mais saturation des déplacements collectifs

Nicolas Beaumont (Michelin) : la mobilité qui entraine fatigues, dangers, pollution, est inacceptable aujourd’hui au regard des progrès humains. Sa suppression entraine économies d’essence, sécurité, elle est non toxique et durable. L’entreprise doit offrir un produit lié à un service. IL faut mieux informer conducteurs et consommateurs et décarboner les transports

Véronique Lamblin : le véhicule de demain sera à basse consommation. Déjà, un véhicule de 500 Kg a relié Paris à Bordeaux avec moins de 2l au 100 Km, mais la sécurité exige au moins 1000 Kg. Le véhicule électrique existe depuis 1920 : on double le prix si on veut rouler à plus de 50 Km/h, ce qui suffit pour la ville, et qui existe en Chine. Enfin la voiture autonome (google) devra respecter 5 niveaux d’autonomie : le 5éme, totale autonomie pose de nombreux problèmes de responsabilité.

Saura t’on allier saveur, santé, écologie dans l’alimentation de demain ?

Celine Laisney : on assiste à un changement du goût : bio, local, végétal sauf pour les fromages ! mais avec des contraintes : diminution des ressources disponibles, avec qui, comment, plus court, seulement 1/5 hors des repas (sauf aux USA, 50% hors des repas) On consomme actuellement 70% de produits transformés

Véronique Pardot : les attentes, prix, hygiène et sécurité. Les inquiétudes concernent les conditions. 23% ne mangeaient pas ou peu de viande en 2015, 35% en 2018, et 3 à 4% ne mangent jamais de viande, ce qui va entrainer des évolutions des dents et des mâchoires. Pour les très jeunes, augmentation des viandes mais burgers, kebab. Recherche de protéines végétales de remplacement

Jean Favre (UNESCO) : marier saveur/santé/écologie avec les contraintes du transport et de la production. Plusieurs scénarios : gaspillage des ressources, ouverture, libre échange, l’industrie modifie les besoins des consommateurs Damien Conaré : les politiques alimentaires deviennent urbaines, avec des recherches, consommer local, angoisses et défiance envers l’industrie alimentaire. Avec 2/3 des urbains en 2050, le poids des politiques des villes s’accroit avec des gestions collectives. Exemple de Belo Horizonte au Brésil : restauration populaire subventionnée, marchés paysans. Développement des fermes en ville (verticales) pour préserver le foncier, des cantines scolaires, les coopératives alimentaires, et le problème des déchets.

Quelles nouvelles formes de travail pour concilier performance des organisations et épanouissement des individus ?

Cécile Delaunay : le temps de travail a diminué de 33% en 60 ans, il représente 12% du temps de vie, il doit être source d’épanouissement. Mais l’automatisation qui libère des tâches ingrates et dangereuses entraine une précarité (25% en 2050), des carrières déstructurées.

Cornelia Daheim : automatisation et robotisation entrainent le chômage : 800 millions d’emplois en 2030, variables selon les métiers, ce qui nécessitera des formations avec des statuts très différents, mais avec la reconnaissance du travail : les indépendants auront de nouvelles façons de travailler, une certaine protection qui nécessitera une harmonisation européenne

Jean Yves Goblot : les coopératives ouvrières de production se développent en Chine, Maroc et Brésil, en télécom et automobile avec la fibre optique. La compétitivité internationale est féroce, d’où des associations de salariés. Venir au travail en en comprenant le sens, travailler ensemble en petites équipes de 10 à 15 personnes, dans le cadre d’une fonction stratégique de l’entreprise. Automatiser les tâches d’expérience, répétitives, sans valeur ajoutée, peu qualifiée suppose une formation technologique extérieure, et intérieure sur la maintenance industrielle.

Les scenarios pour les modes de vie en 2050

François de Jouvenel : sur la base du rapport vigie, avec les catastrophes politiques, bancaires…par les élèves de Science Po Société du moi, basée sur l’individu, épanoui. Recherche du bien être personnel (plaisir, connaître des affinités, épanouissement personnel) Société sous contrôle avec les défis environnementaux, liberté sous tutelle, diminution des libertés individuelles Société algorithmique, numérisation, IA, accélération de l’automatisation, pertes d’emplois, dans un monde virtuel, moins de travail et plus de loisirs. Société d’archipels : développement des communautés, avec solidarité, moins technique, agriculture raisonnée.

penser le temps long aujourd’hui, pourquoi, comment :

Joel de Rosnay : les perspectives qui prennent en compte le long terme correspondent à une anticipation par rapport à l’action ; il ne s’agit pas d’extrapoler, ni de se baser sur les statistiques, mais avec les nouvelles technologies de s’approprier une société avec l’émotion. Les outils : la simulation, la convergence technologique, quoi faire en cas de catastrophes, analyse des tendances, étude des systèmes innovants. L’IA est plutôt l’I auxiliaire. Travailler entre le futur subi et le futur souhaitable pour éviter les idéologies comme le transhumanisme (plutôt l’hyper humanisme), avec le danger d’un individu seul alors que le futur doit être coordonné.

Anticiper les changements ; promesses et limites de l’IA et du big data

Jean François Soupizet : Sur l’échelle du temps, Il y aura changement de civilisation, la machine va dominer l’homme.

Thomas Soulignac : Comprendre la cohérence : en Arabie Saoudite, le robot Sophia à visage humain est trompeur, il n’y a pas d’intelligence. L’automatisation du langage naturel est presque sans limites. Dans l’approche symbolique, il faut apprendre à la machine. Pour la voiture autonome, il faut concilier technique, économie, sécurité. Colonel Laurent Collorig : la gendarmerie nationale a établi un fichier centralisé des faits pour prévenir la criminalité (cambriolages, vols de voiture, soit 40% des infractions). Ainsi les patrouilles peuvent être orientées en fonction du passé ; Il s’agit de dissuader et de prévenir Sylvie Thiria : l’IA dans le climat et l’environnement. On modélise avec la numérisation pour connaître les lois du système (équations différentielles) et prévoir les cycles saisonniers, sur la base de nombreux capteurs (satellites). L’IA apporte un énorme gain de temps. Reste le problème de la protection des droits (Chine avec note sur le comportement de chacun, à partir de la reconnaissance des visages).

Concevoir les objets, produits et services du futur

François de Jouvenel : prendre en compte l’usager pour l’innovation et la prospective du design, avec la dimension éthique

Ruedi Baur : réintégrer l’humain et le civisme dans le futur à long terme, avec les problématiques internationales, et les catastrophes des nationalismes. Passer de l’égoïsme à la solidarité, remplacer la concurrence par la solidarité. La sécurité gaspille l’argent de l’écologie

Benoit Millet : l’art ne reproduit pas le visible, il le rend visible. L’alimentation devient différente, on mange sans s’en rendre compte (poudres). Les tensions viennent des maladies et des transformateurs. Penser produit plus services, penser à l’identité des nouveaux produits (steak végétal qui ressemble à un steak), brochettes d’insectes où on ne voit pas les insectes, enfin introduire le culturel : recevoir à table. Et au lieu de manger la vache, manger sa luzerne ?

Estelle Hary : le design fiction intègre de nouveaux imaginaires dans le futur désirable, à travers les objets banaux du quotidien avec une pointe d’étrange. Rechercher dans l’imaginaire pour tester les réactions, sans imposer l’objet, mais toute action n’est pas neutre. Deux scénarios pour la fin de vie : choisir le moment de sa mort en liaison avec le docteur, ou se connecter avec les enfants pour accompagner les parents.

Construire le futur : écosystèmes et communautés prospectives

François Bourse : Créer des vues communes pour préparer l’action collective, apprendre le collectif avec un langage commun, avec des écosystèmes intégrant écologie et management.

Michel Maietta : les écosystèmes humanitaires gèrent les crises au travers des ONG. Des réseaux d’analystes régionaux de l’action contre la faim travaillent avec une vision commune, mais les interventions hors structure sont également efficaces

Eric Grab : des projets sociétaux pour anticiper des stratégies communes de mobilité aux grandes entreprises, exemple de la filière hydrogène

Murielle lafaye : Space ibles. 1500 satellites plus de nombreux débris, à coordonner (60 organismes), qui vont vivre de 10 à 40 ans, pour mieux structurer l’espace,

Yannik Blanc : la force du bénévolat est méconnue. Le carrefour des innovations sociales pour les associations prépare au changement du monde, mais le monde va plus vite.

Les nouvelles frontières de l’anticipation

François de Jouvenel : les enjeux de la prospective, moyen d’intégrer les décisions et les actions à long terme. On parle beaucoup, mais on est impuissant sur la connaissance du futur, et même l’utilité de la prospective

Bruno Hérault : l’état a une politique fondée sur la prospective, même si c’est caché, mais avec une accélération des rythmes, une cacophonie des infos. Les Attentes sont insoutenables au quotidien, il faut continuer en refusant la complexité, transformer les menaces en atouts, anticiper par L’imagination.

Daniel Kaplan : l’imagination dans le futur aide à se mettre en mouvement, la transformation par la technologie est très rapide. La singularité est plus puissante que nous, les lois ne fonctionnent plus et on est incapable de se figurer. On sait pourquoi cela ne va plus, mais impossible de se figurer le futur. Les spéculations ne sont des vérités. Université de la pluralité à créer, pour envisager les transformations radicales possibles

Cécile wendling : on étudie l’avenir au travers des technologies, alors qu’il est social. Tout va vite, il faut s’arrêter pour la réflexion. La prospective suppose de se décaler pour un autre regard, oser le désaccord…et la débrouille

Note importante

Il s'agit ici des notes prises par l'un des membres de notre association. Ses notes peuvent éventuellement ne pas refléter exactement ce qui a été dit par les intervenants. En cas de malentendu, merci de nous aider à rectifier (lien "Contacter les rédacteurs).