Projet:Rapport moral 2018

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(Rapport approuvé par l'assemblée générale du 7 avril 2018 au jugement majoritaire.)


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Notre association a été conçue dans un jardin de Saint Maur en juin 2016. Après environ 9 mois de gestation, elle est officiellement née à l’équinoxe de printemps 2017. À l’époque, presque personne ne parlait ni de transhumanisme, ni d’intelligence artificielle.

Depuis les choses sont allées très vite.

On ne parle toujours jamais ou presque de transhumanisme, et, à titre d’exemple, comme l’an dernier, l’immense majorité de nos concitoyens ignore toujours que les premiers enfants nés de 3 parents biologiques ont déjà 20 ans. Il possèdent en effet l’ADN nucléaire de papa, l’ADN nucléaire de maman et l’ADN mitochondrial d’une autre dame.

En revanche, en ce qui concerne l’intelligence artificielle, il ne semble pas exagéré de dire qu’on est passé en un an de l’absence quasi-totale d’information à une véritable overdose d’informations. Au point que le citoyen est facilement perdu.

Pourquoi un tel engouement ? Une des causes majeures vient probablement de la bulle spéculative qui entoure l’intelligence artificielle. De nos jours, des centaines de start-up tentent de lever des fonds importants, et parfois y parviennent, sur la seule base de promesses plus ou moins incroyables à base d’exploits hypothétiques de futures intelligences artificielles.

Alors comment situer notre association dans ce contexte déjà nouveau, un an à peine après sa naissance ?

Rappelons l’essentiel de ce qui nous a réunis :

Nous sommes un observatoire.

C’est à dire que nous n’avons pas vocation à trouver des solutions aux problèmes que nous observons. En revanche, nous avons vocation à observer, rapporter et surtout mettre en perspective toutes les évolutions en cours. C’est ce que nous essayerons de faire lors de notre colloque de juin sur l’IA, les entreprises et l’emploi dans le sud-est francilien.

Je vais prendre l’exemple de ce colloque qui approche, car s’il ne résume pas notre activité et nos ambitions, il montre bien les défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés dans notre activité.

Nous avions dans un premier temps envisagé de faire venir au colloque de nombreux intervenants de qualité. Ce faisant, nous avons peut-être péché à la fois par excès de confiance et par excès de modestie.

Par excès de confiance, car si nous savons que nous sommes des gens sérieux et responsables, nous ne sommes pas encore connus comme tels. Ce qui fait que les orateurs que nous avons contactés se sont montrés polis mais aussi, et c’est bien naturel, prudents. Où allaient-ils mettre les pieds ? Qu’est-ce au juste que cet observatoire ? Qu’attendent-ils exactement ? Après quelques mois de contacts plus ou moins compliqués à concrétiser, nous en somme venus au constat que nous faisions fausse route et qu’il fallait procéder autrement. C’est pourquoi notre colloque de juin sera réorganisé de la manière suivante : NOUS serons les conférenciers, et NOUS rendrons compte à l’auditoire de tout ce que NOUS avons découvert sur ces sujets en un an de recherches. Bien sûr, les intervenants extérieurs ne seront pas pour autant exclus. Nous ne prétendons pas avoir leur expertise. Mais nous leur demanderons, précisément, de jouer leur rôle d’experts et d’inspirateurs en allant à leur rencontre avec une caméra et en leur posant quelques questions que nous pensons particulièrement pertinentes par rapport à notre recherche. Ces petites vidéos émailleront les présentations que nous ferons lors du colloque. Deux personnalités ont déjà donné leur accord pour ce format et nous en attendons d’autres.

Mais je crois que nous avons aussi péché par excès de modestie. En effet, si nous ne prétendons pas rivaliser avec les travaux de France Stratégie ou de la commission Villani au plan national, et encore moins avec des structures puissamment financées comme le Singularity Hub de la Silicon Valley au plan international, je pense très sincèrement que nous sommes plus qu’à la pointe au plan territorial. En effet, chaque fois que j’ai eu l’occasion d’évoquer cet aspect local avec différents experts, j’ai eu sensiblement le même retour à base de silence, si c’était au téléphone, ou d’yeux ronds si c’était IRL. Même si tout le monde ne parle plus actuellement que d’IA, dès qu’on demande plus précisément « Oui, mais concrètement, ça va changer quoi dans le Sud-Est de l’île de France ? » on se heurte à une sorte d’incrédulité. Comme si au fond, personne n’avait encore vraiment réalisé qu’il va bien falloir un jour sortir des généralités lointaines décidées ailleurs. Sur cet aspect de la déclinaison locale des révolutions en cours, il semblerait que nous soyons pionniers. Assumons-le et, si nous ne pouvons pas prétendre être des experts de toutes ces questions dans les généralités, si nous devons le devenir en ce qui concerne leurs déclinaisons locales, sans l’ambitionner, il ne faudrait pas non plus que cette perspective nous effraye.

Mais tout ça n’est pas tellement grave pour le moment. Nous ne sommes certes un observatoire, mais s’il faut défricher de nouvelles pistes et de nouveaux axes d’observation, ça ne nous fait pas peur. On inventera les outils et les méthodes dont nous aurons besoin au fur et à mesure de notre avancement. Certains appellent ça, si j’ai bien compris, des « méthodes agiles ». Peu importe la novlangue, si nous sommes « agiles », tant mieux.

Parmi ces nouveaux outils dont nous allons devoir nous doter, est apparue il y a deux réunions de cela, l’idée d’un « livre blanc ». J’avoue que j’étais un peu sceptique au début. Mais j’ai lancé depuis quelques ballons d’essai et je dois reconnaître que le résultat est très convainquant. Lorsque je parle de notre association à une personnalité qui ne nous connaît absolument pas, il suffit que je lui dise que nous préparons un « livre blanc » à l’horizon 2030, avec deux préversion en 2020 et 2025, sur la manière dont nous pourrons nous adapter aux révolutions en cours dans le sud-est francilien, pour qu’immédiatement ces personnalités comprennent avant même que je le leur explique, d’une manière au fond totalement implicite, presque tout le reste de notre démarche.

A cet égard, ce projet de livre blanc semble bien être ce qu’on pourrait appeler une « pratique sociale de référence ». Certes, dire qu’on prépare un livre blanc, ça ne signifie pas grand-chose en soi. Mais de manière implicite, ça permet à nos interlocuteurs de nous mettre dans une case connue. On y gagne beaucoup en temps et en crédibilité au prix de finalement assez peu d’inexactitude.

Voilà pourquoi, je vous propose, si vous en êtes d’accord, de lancer officiellement ce projet de livre blanc, qui permettra de fédérer et d’expliciter plus facilement l’intégralité de notre activité. Il ne s’agit pas de changer nos statuts ni l’objet officiel de notre association. Seulement de lui donner une meilleure visibilité au moyen d’un objectif concret, ouvert, et facilement explicable au public.

Dans l’année qui vient, nous aurons un autre défi à relever : Nous devons absolument nous développer, et nous développer en dehors du milieu sociologique qui est actuellement le nôtre. Nous avons absolument besoin de toucher plus de gens, plus de jeunes, plus de femmes, plus de personnes qui pensent de manière différentes de nos cadres de pensée coutumiers.

Mais nous n’avons pas besoin à mon sens de tellement plus de membres actifs de l’association. Je rappelle que notre association loi de 1901 n’a été fondée que pour avoir les moyens juridiques d’organiser des événements. Avoir relativement peu de membres actifs lui permet d’éviter les luttes de pouvoir et de garder une grande souplesse. C’est de sympathisants, de contacts, de réseaux, d’abonnés sur les réseaux sociaux et surtout d’abonnés à notre newsletter que nous avons le plus besoin. Ce sont eux qui feront vivre notre observatoire par leurs observations, leurs remarques, leurs conseils, leurs réseaux. Financièrement, leur participation aux frais des événements que nous organiserons devrait suffire à nos besoins. D’autant qu’on peut très bien envisager aussi de recourir, vu le faible montant de nos frais de fonctionnement, au mécénat d’un assez petit nombre d’entreprises locales. Nous n’avons pas comme objectif de devenir une grosse association, un poids lourd qui serait l’objet de luttes d’influence ou de convoitises. Il est prévu par nos statuts que notre association se dissolve une fois son objectif réalisé, en 2030. Il serait donc contre-productif avec une échéance aussi courte de nous épuiser en développement ? Restons plutôt concentrés sur nos objectifs.

Un bref rapport de nos activités 2017-2018 pour terminer 

Nous avons actuellement 14 membres actifs, 140 membres de notre groupe de travail et de réflexion sur Facebook et 110 abonnés à notre newsletter.

Le groupe Facebook est très actif, avec des contributions et discussions qui n’ont pas à rougir par rapport à ce qui se fait dans les meilleurs groupes similaires. Le nombre de participants au groupe Facebook est certes très inférieur à ce qu’on peut constater dans d’autres groupes, mais il faut prendre en compte le fait que nous avons un minimum d’exigence : Nous n’acceptons pas les candidatures qui ne semblent pas provenir de vrais comptes, ni celles d’inconnus qui ne prennent pas la peine de répondre à la question d’entrée sur leur motivation à nous rejoindre. Sans ces pratique, voire en dépensant quelques dizaines d’euros chez Facebook, il nous serait très facile de dépasser en quelques semaines les 1000 ou 2000 membres, mais à quoi bon si c’est pour avoir 80 % de membres fictifs ou autres robots de spam ?

Notre newsletter a un taux d’ouverture moyen de 47 %. Le bon rythme est de 2 par mois. Malheureusement, pour des raisons personnelles, je n’ai pas pu tenir ce rythme ces deux derniers mois. Je pense pouvoir revenir à la normale sur ce point dès à présent.

Notre site web en revanche ne reçoit que très peu de visites (600 par mois seulement et il faudrait en retirer le trafic des robots d’indexation, qui constitue sans doute l’essentiel de ces visites). C’est probablement normal et pas très gênant pour notre activité, du moins dans un premier temps. C’est un peu décevant toutefois, car il commence à contenir pas mal de ressources utiles pour qui s’intéresse à ces sujets, normalement en terme de liens vers des ressources de qualité, ce qui n’est pas si fréquent alors qu’on trouve désormais facilement des centaines de sites dédiés à l’IA ou au transhumanisme et qui relayent souvent un peu n’importe quoi. Quoi qu’il en soit, on a probablement là une marge de progression à creuser.

Nos réunions mensuelles ont rassemblé 7 ou 8 membres actifs ou sympathisants à chaque fois, ce qui n’est pas mal du tout si on considère comme normal qu’il y ait un tout petit peu moins d’assiduité que dans l’euphorie de la nouveauté des tous débuts.

Notre colloque de juin 2017 a été un vrai succès, avec près de 30 participants à Paris et un très bon retour. Les comptes-rendus ont été publiés sur le site web.

Nous essayerons de faire encore mieux à Saint-Maur le 9 juin prochain.